Vendredi 10 décembre 2004
ENERGIE -- Le bloc patrimonial, une contrainte.
André Caillé souhaite l'abolition des obstacles aux profits d'Hydro Québec
A l'instar de plusieurs économistes, le pdg d'Hydro-Québec André Caillé croit que l'augmentation des profits de la société d'Etat, notamment grâce à des hausses de tarifs, servirait bien le développement économique et social de la province.
Afin de maximiser le dividende versé au gouvernement _ et par conséquent, sa marge de manoeuvre financière_ il pourrait être avantageux d'abolir la disposition de la loi qui garantit aux Québécois un bloc d'électricité "patrimoniale" à un prix inférieur à celui du marché, a-t-il confié mercredi en marge d'une allocution devant l'Association des MBA, à Montréal.
Actuellement, les premiers 165 TWh d'énergie consommés au Québec par année sont vendus par Hydro-Québec Production (HQP) à sa société soeur Hydro-Québec Distribution (HQD) pour 2,79 cent/KWh.
Au-delà de cette limite, Hydro-Québec Distribution doit s'approvisionner au prix du marché, qui est d'environ 6,5 ou 7 cent/KWh, d'après M. Caillé.
En réservant un bloc d'énergie à bas coût aux consommateurs québécois, le gouvernement souhaitait protéger les citoyens contre des fluctuations importantes de prix et leur faire profiter des directement des retombées de la construction de barrages hydroélectriques.
Le pdg d'Hydro-Québec Distribution, André Boulanger rappelait d'ailleurs lundi à la Régie de l'énergie que cette mesure législative constituait un atout pour les Québécois parce qu'elle atténuait grandement l'effet des hausses tarifaires.
Aux yeux de son patron, le bloc patrimonial constitue cependant une contrainte, qui limite les profits et par conséquent le dividende versé au gouvernement.
Une commission parlementaire sur l'énergie a entendu des experts la semaine dernière. Elle poursuivra ses travaux à partir du 25 janvier. Le premier ministre Jean Charest a toutefois d'ores et déjà laissé savoir qu'il voudrait faire du Québec "l'Alberta de l'hydroélectricité", c'est-à-dire s'appuyer sur le potentiel commercial de l'énergie pour enrichir la province.
Tant chez Greenpeace qu'à l'Union des consommateurs (UC), on s'est dit surpris mercredi des propos d'André Caillé. Pour le coordonnateur du groupe écologiste, Steven Guilbault, l'abolition du décret patrimonial constituerait rien de moins que "la rupture du contrat social" liant Hydro à ses propriétaires: les citoyens.
Pour sa part, le porte-parole de l'UC, Charles Tanguay, a répété que la question des profits d'Hydro devait être débattue.
"Le point de vue (...) selon lequel ont devrait augmenter les tarifs et redistribuer les richesses via le gouvernement se défend. Mais il faudrait que ça soit décidé de façon beaucoup plus transparente que ça ne l'est actuellement. Il faudrait qu'on débatte aussi d'autres enjeux comme les coûts sociaux, les coûts environnementaux de cette logique du profit à tout prix", a-t-il insisté.
A la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante (FCEI), le vice-président pour le Québec, Richard Fahey a trouvé "rafraîchissant" le discours d'André Caillé auquel il a assisté.
"Il a bien identifié les défis de la tarification d'électricité. De croire que le bloc patrimonial vaudra 2,79 cent/KWh ad vitam aeternam, c'est une fiction", a-t-il dit.
http://www.matin.qc.ca/quebec.php?article=20041208160517
par jeromet
le 2004-12-10 07:44:28
Permalien
| | Energie
Jeudi 25 novembre 2004
ENERGIE--politique,gaz,eolien
Le ministre des Ressources naturelles, Sam Hamad, s'est retrouvé sur la défensive en lançant le nouveau débat sur l'énergie qui sera conduit par une commission politique de l'Assemblée nationale au lieu d'une commission indépendante, technique et scientifique, sur le modèle adopté pour revoir la gestion forestière.
http://www.ledevoir.com/2004/11/18/68775.html
----------------------
LE TORCHON BRÛLE ENTRE CHAREST ET LE MINISTRE DES FINANCES : Yves Séguin en tutelle Denis Lessard La Presse vendredi 12 novembre 2004
Le chef de cabinet de M. Charest, Stéphane Bertrand, un ancien vice-président de Gaz Métropolitain, a renvoyé le projet de document d'orientation pour la commission parlementaire prévue pour novembre sur le bilan énergétique du Québec préparé par le ministère de M. Hamad. La commande était explicite: on devait y faire plus de place à la " filière gazière ", où se trouve Gaz Métropolitain
http://www.vigile.net/ds-actu/docs4a/11-12.html -------------------------
Sam Hamad annoncera un parc éolien de 200 MW à Rivière du Loup
Ce parc, l'un des plus importants d'Amérique du Nord, sera exploité par la société Skypower qui vendra la totalité de son électricité à Hydro-Québec Production.
Sur son site Internet, la compagnie de Toronto décrit le projet dont la valeur frôlerait les 200 millions $ comme "le plus gros du Canada". A titre de comparaison, l'entreprise précise que la puissance éolienne totale du pays est actuellement de 439 MW.
Le projet de Skypower n'a pas été développé en réponse à l'appel d'offres de 1000 MW d'énergie éolienne lancé par la division distribution d'Hydro-Québec l'été dernier. "Il s'agit d'une proposition spontanée", a confirmé une source à la société d'Etat.
Pour Steven Guilbault, de Greenpeace, en s'engageant envers Skypower, Hydro-Québec Production démontre qu'elle prend enfin au sérieux l'énergie éolienne
par jeromet
le 2004-11-25 12:44:55
Permalien
| | Energie
Mercredi 24 novembre 2004
ÉNERGIE: Charest a-t-il tout faux?
Oui, répond le milieu environnemental. Le premier ministre improvise, ajoute l'opposition
Louis-Gilles Francoeur
Les milieux environnementaux, qui ont fait échec au projet du Suroît, ont accueilli hier avec une volée de bois vert l'intention du premier ministre Jean Charest de lancer le Québec à fond dans l'exportation d'électricité comme pilier de son imminente «Politique de développement durable».
L'opposition, de son côté, voyait dans la sortie du premier ministre une politique énergétique «improvisée», principalement dictée par les besoins d'un changement d'image et de slogans nouveaux au début de la deuxième partie du mandat gouvernemental.
Plusieurs, dont Greenpeace et le Regroupement national des Conseils régionaux de l'environnement du Québec (RNCREQ), un groupe de concertation, ont flairé un vilain piège dans cette sortie du premier ministre Charest, qui lance sur la place publique les priorités de son gouvernement en énergie alors que, la semaine dernière, son ministre des Ressources naturelles annonçait une commission parlementaire dont l'indépendance par rapport au gouvernement a immédiatement été décriée, de même qu'a été contestée la valeur de certains experts retenus.
Pour Steven Guilbeault, de Greenpeace, «les groupes environnementaux vont devoir discuter rapidement de la pertinence de participer à une commission parlementaire alors que les orientations déclarées du premier ministre tracent déjà la marche à suivre du gouvernement. Il appartient désormais à M. Charest de faire la preuve que sa commission parlementaire a encore assez de crédibilité pour que ça vaille la peine d'y aller.»
On ne sentait donc nulle part hier que le vent d'un nouveau «projet du siècle» soufflait sur le Québec, loin de là !
Au RNCREQ, on évoquait plutôt le risque d'un gouffre économique majeur pour le Québec et on était soufflé de voir un premier ministre évoquer pour la première fois dans l'histoire du Québec la possibilité de sacrifier une partie du patrimoine naturel dans un strict but d'exportation. Jusqu'ici, et même encore l'an dernier pour le Suroît, les besoins des Québécois ont toujours constitué la justification de base des grands projets.
Pour le porte-parole du RNCREQ, Jean Lacroix, les récentes audiences du Suroît ainsi que le résultat de l'appel d'offres pour la première tranche de 1000 MW en éolien ont indiqué que cette filière rivalisait en ce qui a trait au prix avec les projets hydroélectriques en préparation, comme Rapide-des-Coeurs ou le détournement de la Rupert, et que cette filière battait même plusieurs des plus importants projets hydroélectriques comme la Romaine ou Grande-Baleine, dont les coûts pourraient dépasser 10 cents du kWh.
Or, l'éolien pourrait être encore plus rentable, ajoute Jean Lacroix, si son prix n'avait pas été gonflé par des conditions particulières. Et si Hydro-Québec n'avait pas à payer aux promoteurs le profit qu'ils vont empocher parce qu'elle lancerait ses propres projets et transférerait cette rente à la population du Québec.
«Dans les faits, ajoute le porte-parole du RNCREQ, il faut qu'on cesse d'avoir à se prononcer sur un projet à la fois, comme le Suroît. Il faut pouvoir évaluer l'ensemble des filières d'abord et des projets ensuite pour en déterminer la rentabilité sociale et environnementale, question de déterminer s'ils sont compatibles avec une vraie logique de développement durable. Et cela suppose qu'on se demande préalablement s'il y a des solutions plus intéressantes au plan social et environnemental. C'est ça qu'un véritable exercice parlementaire devrait permettre de dégager avec rigueur et non de faire dire n'importe quoi au concept de développement durable.»
Pour André Bélisle, président de l'Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique (AQLPA) et porte-parole de la Coalition-vert-Kyoto qui a opposé des milliers de manifestants au Suroît en plein hiver, «le premier ministre Charest devrait savoir que s'il veut faire du développement durable sérieusement, il doit dans un premier temps stopper tout ce qu'on s'apprête à lancer comme projets d'énergie thermique au Québec, à commencer par la centrale de Bécancour autorisée par son gouvernement ainsi que le programme de cogénération qui va produire autant de gaz à effet de serre que les émissions du défunt Suroît.
«Deuxièmement, dit-il, s'il poursuit dans une logique de développement durable, le gouvernement doit d'abord mettre fin au gaspillage d'énergie en doublant, voire en triplant les objectifs de l'actuelle politique d'efficacité énergétique d'Hydro-Québec et d'amorcer au Québec une véritable politique de gestion de la demande en énergie et en électricité. Troisièmement, Québec doit maximiser la production d'énergies renouvelables nouvelles, soit l'éolien, le solaire et surtout la géothermie dont le potentiel est le plus systématiquement négligé, alors que c'est probablement de ce côté qu'on peut réaliser les gains les plus substantiels à court terme pour réduire les gaz à effet de serre et la nécessité de nouveaux projets hydroélectriques. Selon une grille de développement durable, l'hydroélectricité, en raison de ses séquelles sur les espèces vivantes, les écosystèmes et les émissions de gaz à effet de serre, vient en quatrième lieu, après les autres filières. Pas en première place, comme le propose le premier ministre en prétendant faire du développement durable tout en priorisant une filière qui a plus d'impact que toutes les autres, sauf le thermique.»
Selon Steven Guilbeault -- désagréablement surpris des propos du premier ministre «alors qu'on l'imaginait sur la bonne voie avec l'abandon du Suroît et ses intentions en matière d'éolien» -- il n'a jamais été démontré que les ventes d'électricité du Québec aux États-Unis y remplaçaient de l'électricité polluante, d'origine thermique. Il semble au contraire, dit-il, que tous les producteurs de thermique continuent de vendre à plein régime et que les ventes québécoises ne font qu'ajouter à la terrible consommation des Américains, les champions énergivores de la planète. À son avis, nos ventes déplaceraient plutôt de bons projets, comme de l'éolien, parce que c'est plus cher. «Comme le thermique est moins cher, c'est la filière qui reste en place malgré tout.»
Steven Guilbeault, qui a piloté le dossier du Suroît pour le Regroupement des organismes environnementaux en énergie, qualifie la sortie du premier ministre «de proposition à l'emporte-pièce, qui manque visiblement de réflexion et de sérieux».
Il rejoint ainsi les propos de la députée Diane Lemieux du Parti québécois, qui évoquait, selon la Presse canadienne, la «soudaine conversion» du premier ministre à la grande hydroélectricité, une conversion qui «sent la diversion à plein nez» de la part d'un gouvernement impopulaire dans les sondages et embourbé dans des projets laborieux et controversés comme l'amaigrissement de l'État et les PPP.
Pour la députée Diane Lemieux, le premier ministre a voulu plutôt lancer un ballon politique. À preuve, dit-elle, il n'a pas osé nommer un seul nouveau projet hydroélectrique à part ceux déjà inscrits sur les listes d'Hydro-Québec : «Lorsqu'on lui a parlé de Grande-Baleine, il a aussitôt reculé.»
Quant à Mario Dumont, il déplorait un nouvel emprunt des libéraux au programme de son parti, lequel préconisait la relance des grands projets hydroélectriques au cours de la dernière élection.
http://www.ledevoir.com/2004/11/23/69222.html
par jeromet
le 2004-11-24 07:34:05
Permalien
| | Energie
Mercredi 03 novembre 2004
Le solaire pourrait couvrir, d'ici 30 ou 40 ans, jusqu'à 10 % des besoins yp
Le regain des centrales solaires dans le monde
En Espagne, le prix de rachat de cette énergie est très incitatif pour les industriels.
Par Pierre DAUM
Le rêve porté par Themis en 1983 produire de l'électricité en grande quantité grâce aux rayons concentrés du soleil est déjà une réalité. Il existe dans le monde une dizaine de centrales solaires en fonctionnement, d'une puissance totale de 350 mégawatts (MW) moins du tiers d'un réacteur nucléaire français. Toutes ces centrales sont aux Etats-Unis. Mais sous l'impulsion de Kyoto, et face aux incertitudes liées au pétrole, nombre de pays ont lancé des projets de construction : Afrique du Sud, Australie, Inde, Israël, Mexique, Maroc...
En Europe, l'Italie et surtout l'Espagne sont très en pointe, soutenues technologiquement par des industriels allemands. Le nouveau gouvernement de Madrid a inscrit dans son projet énergétique un objectif de 600 MW à l'horizon 2011. «Le prix de rachat de l'énergie solaire par les grandes compagnies d'électricité conditionne le décollage du solaire, explique Manuel Romero-Alvarez, directeur du département énergie renouvelable au Ciemad (centre espagnol de recherche sur l'énergie et l'environnement). En Espagne, il est de 21,6 centimes d'euro, soit trois fois le prix moyen du kilowattheure. C'est très incitatif pour les industriels. En France, avec un tarif à 15 centimes, je comprends que personne ne veuille se lancer.»
Certes, on ne peut pas construire des centrales solaires où l'ensoleillement est faible. Inversement, les meilleurs emplacements rassemblés sur les zones tropicales de la planète n'offrent que peu d'intérêt pour les régions industrialisées du Nord. «Cependant, rappelle Cédric Philibert, de l'AIE (Agence internationale de l'énergie), 70 villes de plus d'un million d'habitants sont situées à moins de 300 km de sites favorables à l'implantation de centrales solaires.» Actuellement, l'Algérie est en train d'installer deux gros câbles sous la mer destinés à transporter vers l'Europe méridionale de l'électricité solaire. Selon un rapport récent de Greenpeace et de l'Estia (European Solar Thermal Industry Association), le solaire à concentration pourrait couvrir, d'ici trente ou quarante ans, jusqu'à 10 % des besoins mondiaux d'énergie.
http://www.liberation.fr/page.php?Article=248888
par jeromet
le 2004-11-03 12:17:37
Permalien
| | Energie
Mardi 02 novembre 2004
Hydro-Québec refait ses calculs yp
La société d'État revoit à la baisse ses prévisions de croissance de la demande
La division distribution d'Hydro-Québec a refait ses calculs pour tenir compte de l'accent mis sur l'efficacité énergétique et du ralentissement de la croissance industrielle et estime désormais qu'elle sera vraisemblablement en mesure de répondre à la demande des Québécois jusqu'en 2012 sans faire de nouveaux appels d'offres.
http://www.ledevoir.com/2004/11/02/67560.html
La Régie a reçu pour approbation le Plan d'approvisionnement d'Hydro Distribution pour les dix prochaines années. Elle procédera donc à l'analyse des prévisions de la demande en électricité présentée par Hydro-Québec et des contrats que la société d'État entend signer pour combler les besoins du Québec.
Dans le Plan d'approvisionnement qu'elle vient de déposer, Hydro Distribution corrige à la baisse les prévisions de demande d'électricité à long terme pour tenir compte de l'annulation du projet de modernisation de l'aluminerie Alouette et du programme d'efficacité énergétique; du côté de l'offre, elle calcule l'apport supplémentaire d'énergie éolienne et l'amélioration-surprise des réserves d'eau. (46%) Pourtant, cela ne lui suffit toujours pas à annuler le projet du Suroît. C'est qu'il y a la pointe de l'hiver qui sera plus élevée qu'on le prévoyait et exigera une puissance installée de 1000 MW de plus. Tiens donc ! Et comment vérifier si c'est vrai ?
http://www.ledevoir.com/2004/11/03/67597.html
par jeromet
le 2004-11-02 16:57:30
Permalien
| | Energie
Samedi 30 octobre 2004
NON au virage au gaz au Québec yp
Pour un vrai débat public sur la politique énergétique du Québec
La Coalition Québec-Vert-Kyoto demande qu’un vrai débat public sur la politique énergétique du Québec soit mis en place. La CQVK rappelle au gouvernement et à Hydro-Québec que la consultation que le gouvernement prétend vouloir tenir lors de la prochaine commission parlementaire a été faite il n’y a pas si longtemps.
En effet, lors du Débat public sur l’énergie qui a eu lieu pendant les années 95-96, un consensus a été obtenu par tous les grands intervenants de la société québécoise. Des grandes entreprises aux syndicats, des groupes écologistes à Hydro-Québec, du gouvernement à la société civile, tous, après un dur labeur, en sont venus à des conclusions et des recommandations on ne peut plus claires, qui restent actuelles pour la grande majorité d’entre elles, et que la société publique a co-signées.
C’est pourquoi nous les invitons, comme l’indique le titre du rapport « Pour un Québec efficace » rédigé par le président d’alors, M. Alban D’amour, à privilégier une plus grande efficacité en mettant en œuvre ce qui y a été recommandé il y a de cela maintenant presque 10 ans et qui finalement n’a jamais été appliqué.
« Il faut arrêter de tout recommencer, sous peine de perdre notre mémoire collective.Si sa mise à jour sera la bienvenue, il demeure que ses grandes lignes sont toujours d’actualité. Il serait tout à fait contre-productif de recommencer l’excellent travail qui a été accompli par tant de Québécois. Comme le gouvernement actuel se dit partisan de politiques favorisant l’efficacité, nous l’invitons à en faire la preuve en repartant de ce rapport, puisqu’une commission parlementaire comme le ministre Hamad a dit vouloir mettre sur pied est tout à fait insuffisante pour le travail sérieux que cette réflexion demande. Ce n’est pas le bon forum pour analyser collectivement tous les aspects et les enjeux d’une politique énergétique pour le Québec permettant aux citoyen(nes) du Québec d’exprimer leurs choix sur les filières énergétiques qu’ils privilégient. La politique énergétique doit être évaluée en tenant compte, au delà des options énergétiques elles-mêmes, des impacts environnementaux, économiques, sociaux et même touristiques. Nous tenons par ailleurs à rappeler que le premier ministre lui-même avait pris l’engagement solennel de tenir un tel débat dans une lettre rédigée de sa main juste avant les dernières élections.
Nous demandons ainsi au gouvernement de procéder dans ce cadre comme dans celui du Suroît, c’est-à-dire qu’il impose un moratoire aux projets de centrales thermiques - au gaz, de « cogénération » - et de petits barrages ; projets actuels - tels Bécancour et l’appel d’offre de cogénération - et ceux à venir - suite des appels d’offre de cogénération, sans oublier la réfection de la centrale nucléaire de Gentilly II. Nous demandons aussi que les projets de ports méthaniers, d’exploration/exploitation gazière et pétrolière, et de transport du gaz soient inclus dans ce moratoire. Ce moratoire est indispensable si on ne veut pas fausser la consultation publique en la mettant devant des faits accomplis qui engagent l’avenir.
Nous demandons, maintenant que la Russie a ratifié le Protocole de Kyoto et que celui-ci prend force de loi, que l’on remette en place un plan québécois pour le respect du Protocole de Kyoto qui nous engagera, en tant que citoyens du monde, à faire notre part dans la lutte à la réduction des émissions de gaz à effet de serre. Il serait hautement irresponsable que, sous prétexte que nous en avons moins émis dans le passé que d’autres provinces ou états, nous tentions de nous soustraire à nos responsabilités. Le gouvernement du Québec n’a plus de plan et ne prend aucune orientation en ce sens, alors que l’Assemblée nationale a adopté unanimement un appui au Protocole de Kyoto et que les citoyens du Québec tiennent à ce que cet engagement soit respecté.
Finalement, nous demandons que la loi 116 soit incluse dans le mandat de la consultation publique sur la politique énergétique afin que nous puissions évacuer les effets pervers qu’elle exerce sur les responsabilités inhérentes à une Régie « socialement » fonctionnelle et, collectivement, décider de se réapproprier Hydro-Québec. D’ailleurs, même la Régie de l’énergie en recommandait une réévaluation.
La Coalition Québec-Vert-Kyoto comprend maintenant une soixantaine d’organismes, dont l’AQLPA, l’UQCN, STOP, Acte-B de Bécancour, le Comité du NON de Beauharnois, des associations étudiantes, le Collège québécois des médecins de famille, des comités de citoyens de partout au Québec, des groupes écologistes, etc.
NON au virage au gaz au Québec 30 -
Pour information : Daniel Breton, porte-parole de la CQVK : (514) 833-3557 André Bélisle, AQLPA : (418) 386-6992 Louis Beaulieu, coordonnateur CQVK : (514) 738-7241
par jeromet
le 2004-10-30 09:58:19
Permalien
| | action, Energie
Jeudi 14 octobre 2004
L'industrie du charbon est persuadée que son heure est à nouveau arrivée yp
Nucléaire, énergies renouvelables et... charbon deviennent de plus en plus rentables
Entre un nucléaire handicapé par le lourd investissement que sa mise en œuvre nécessite toujours et des renouvelables encore souvent immatures, les gains à venir devraient donc être partagés.
Mais d'autres secteurs comptent profiter du renchérissement du pétrole pour se relancer. Aux Etats-Unis, avec l'arrêt depuis trente ans de la construction de centrales nucléaires et la volonté d'être moins dépendant de l'énergie étrangère, l'industrie du charbon est persuadée que son heure est à nouveau arrivée. Premier producteur mondial, avec près de 600 millions de tonnes en 2003, les Etats-Unis tirent plus de la moitié de leur électricité de centrales thermiques au charbon.
Les prix du minerai ne cessent d'augmenter, pour atteindre des niveaux records supérieurs à 50 dollars la tonne, ce qui rend les mines en activité aux Etats-Unis très rentables et pourrait permettre d'en ouvrir de nouvelles. Grâce aux nouvelles technologies dites de "charbon propre", d'ici à 2015, les émissions des centrales électriques auront été réduites de 75 % par rapport à leur niveau de 1970.
Hervé Kempf et Eric Leser (à New York)
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3234,36-382971,0.html
Jerome: 2015 c'est loin,loin.....
par jeromet
le 2004-10-14 14:31:01
Permalien
| | Energie
Jeudi 07 octobre 2004
Stocker l'énergie éolienne dans des calorifères yp
Quand les compteurs d’Hydro tourneront-ils à l’envers ? Produire soi-même son électricité grâce à l’énergie du vent, sans recourir aux grands fournisseurs : ce rêve, déjà réalité, s’appelle autoproduction.
La première petite éolienne de cinq kW à pas variable au monde, silencieuse et capable d’exploiter des vents aussi faibles que trois mètres à la seconde, verra probablement le jour l’an prochain au Québec dans les ateliers de Plastique Gagnon Éolien (PGE), à Saint-Jean-Port-Joli.
Pas très loin de là, à Lévis, chez Éocycle, une importante équipe de chercheurs et de techniciens s’affaire à mettre en marché au profit des turbiniers internationaux un alternateur « à attaque directe », c’est-à-dire capable d’optimiser la production d’électricité sans le recours à la traditionnelle transmission qu’on retrouve à l’intérieur des éoliennes pour faciliter la transformation de la force du vent en énergie. L’ingénieur Maxime Dubois, qui travaille à la mise au point de cette invention, est convaincu que les systèmes à attaque directe verront leur part de marché passer de 10 à 90 % en deux décennies à cause de leur simplicité et de l’importante réduction des coûts de production et l’entretien qui en résulte.
Monika Gagnon, directrice générale de PGE, le seul constructeur d’éoliennes au Québec, est convaincue que le marché de la petite production éolienne, ce qu’on appelle l’autoproduction ou la production individuelle, « est là, sur le point d’exploser, surtout si la Régie de l’énergie permet en 2005 aux clients du secteur résidentiel de vendre l’excédent de leur production personnelle au réseau d’Hydro-Québec ».
Louis Beaulieu, président de Sambrabec et développeur du Catavent, une très petite « turbine » à vent modulaire qui fonctionne dans une enveloppe, à l’abri de la pluie, du verglas et de la neige, raconte qu’il a littéralement « mangé sa chemise » avec cette invention, lancée sur le marché québécois il y a plus de 12 ans, à une époque où les amateurs d’éoliennes étaient considérés comme d’audacieux rêveurs ou, au mieux, des écologistes déconnectés. Son Catavent, une machine d’une surprenante efficacité, est aujourd’hui produit au Brésil parce qu’il s’est taillé un marché intéressant dans les pays en développement. C’est Louis Beaulieu qui a agi comme expert lors des audiences du Suroît pour la coalition des Citoyens et citoyennes vers Kyoto (CCVK).
Pour lui, « l’autoproduction, au moyen de la facturation nette ou inversée qu’il faudrait mettre en place au Québec, n’est pas un problème mais une solution. Si les gens qui vivent dans des régions venteuses, sur le bord du fleuve, du golfe, de grands lacs, commençaient à utiliser l’énergie éolienne disponible à leur porte, on soulagerait le réseau hydro-québécois dans une proportion qui, à bien y penser, ne ferait peut-être pas tellement l’affaire de notre société d’État nationale... ».
L’intérêt est là
Tous les spécialistes sont d’accord sur un point : le jour où Hydro-Québec acceptera de payer à ses clients leurs surplus d’électricité, l’intérêt des Québécois pour l’autoproduction augmentera sensiblement. Les ventes se multiplieront, le prix des appareils baissera et l’autoproduction aura de fortes chances de s’installer ici, même si le coût de revient risque de dépasser pour un temps les tarifs d’Hydro-Québec. Brian Wilkinson, d’Énergie Matrix, explique que pour vendre son électricité au réseau public, un autoproducteur doit s’équiper pour régulariser le voltage et la puissance. Cela coûte plus cher mais, dit-il, en vendant son surplus d’énergie, un autoproducteur rentabilise son équipement plus rapidement.
Par contre, il existe un autre moyen de produire à peu de frais, même s’il a été totalement délaissé par les constructeurs. C’était pourtant un des premiers objectifs des pionniers québécois de l’éolien, qu’on retrouvait dans de petites entreprises aujourd’hui disparues, comme Hélibeauce ou Héliowatt. Au lieu de tenter de régulariser l’électricité de leurs éoliennes et de la stocker à fort coût dans de grosses piles, ces pionniers l’utilisaient, à l’état brut, sans régularisation, en l’envoyant dans des calorifères. Ils avaient inventé ce qu’on pourrait appeler le « poêle à vent ». Comme un poêle à bois, dont les poussées de chaleur sont en dents de scie, cette production de chaleur peut théoriquement diminuer de façon notable la facture d’électricité d’Hydro-Québec, qui se retrouve dans cette stratégie, confinée à garder constante la température de la maison en fournissant juste ce qui manque pour assurer le confort.
Pour l’ingénieur Maxime Dubois, n’utiliser que de l’énergie éolienne brute pour fins de chauffage est d’autant plus rationnel que le chauffage constitue la principale dépense d’énergie des ménages au Québec. Un collègue de l’Université Laval, dit-il, travaille sur un système qui permettra de stocker cette énergie pour en assurer une distribution plus étalée. Par le passé, plusieurs idées du genre ont été utilisées, qui s’apparentent toutes au principe du foyer de masse. Un gros sonotube de béton comme pilier central ou un plancher de béton renforcé de métal pourraient probablement permettre de stocker d’importantes quantités de chaleur et de réduire les pics thermiques de l’éolien.
Des limites
S’il reconnaît que le photovoltaïque, qui permet de transformer la lumière du soleil en électricité, coûte plus cher, Brian Wilkinson est d’avis que c’est encore, et de loin, la meilleure solution au Québec parce que, dit-il,chaque panneau fonctionnera entre 30 et 45 ans sans entretien, sans compter la possibilité d’ajouter des panneaux au fil du temps afin d’accroître la production. Mais comme les quantités d’énergie sont moindres, cette production « noble » doit servir à des applications qui en justifient le prix, par exemple pour des équipements situés loin du réseau, qu’il s’agisse de feux de circulation sur des chemins de fer, d’équipements de transmission en pleine brousse, voire plus près des villes, comme ’électrification de la croix du mont Rigaud ! Brian Wilkinson a aussi rendu totalement autonome une résidence installée dans une île du lac Saint-Louis dont l’approvisionnement par le réseau hydro-québécois devenait trop aléatoire...
C’est la Ville de Montréal, plus précisément l’écocentre Rivière-des-Prairies, qui a réussi en milieu urbain l’intégration la plus poussée de l’éolien et du photovoltaïque et qui, dans les faits, est devenue le premier autoproducteur québécois... avant même que ce type de production ne soit autorisé par la réglementation québécoise ! L’écocentre, où se déploient les services de récupération et de recyclage de Montréal, produit ainsi l’essentiel de son énergie et dirige l’excédent dans le réseau.
Facturation inversée
Officiellement, Hydro-Québec ne permet pas qu’on introduise de l’électricité dans son réseau. Si quelqu’un le fait, son compteur a de fortes chances de commencer à tourner à l’envers, diminuant ainsi la facture d’électricité ! La facturation inversée, comme on la pratique dans 40 États américains, au Japon et notamment en Allemagne, grâce à 100 000 maisons équipées de capteurs photovoltaïques, pourrait entrer en vigueur l’an prochain au Québec. « Il n’y a aucune raison pour qu’au Québec on ne puisse pas, comme dans ces pays ou États, ou encore comme en Ontario, avoir la possibilité de devenir un autoproducteur jusqu’à concurrence de 50 kWh, précise Louis Beaulieu. En Ontario, on s’enregistre avec un simple formulaire disponible sur Internet, sur lequel on précise sur quelle plate-forme de normes fonctionne notre équipement. C’est aussi simple que cela car les équipements de raccordement et de régularisation ont tellement évolué qu’il n’est même plus sérieux de parler de problèmes techniques. Le seul problème qui reste à régler ici dans ce domaine, c’est celui de la volonté politique. Dans la population, il y a plein de gens qui pourraient trouver intéressant de se lancer dans cette production et même d’y faire des profits, à condition de ne pas le faire à l’aveuglette. »
Brian Wilkinson va un cran plus loin : « Il y a plein de gens qui achètent des gros 4X4 même si ce n’est pas très logique en matière d’efficacité énergétique. Ils aiment ça ! Pourquoi quelqu’un ne pourrait-il pas vivre le plaisir de produire pour lui-même et pour le réseau public ? »
Après une première année de production d’éoliennes, Monica Gagnon, de la firme PGE, n’en revient pas : « Sans la moindre publicité, sans la moindre campagne de marketing, nous avons vendu 12 éoliennes d’une puissance de 20 ou 33 kW, des machines de 75 000 $ à 100 000 $, parce que des gens y tiennent. Ici, en Afrique et ailleurs. Ici, au Québec, nous avons équipé un parc récréatif à Saint-Nicéphore, une serre horticole à Rimouski, bientôt peut-être une auberge en Gaspésie, une usine de pêche aux îles de la Madeleine, un édifice d’Environnement Canada à l’Ile-du-Prince-Édouard, et le reste à l’étranger. Qu’est-ce que ce sera quand une plus petite machine de cinq kW sera disponible, moins chère et à portée de la bourse d’un plus grand nombre de personnes ? »
De quoi peut-être ramener Sambrabec au Québec ?
Publié par Louis-Gilles Francoeur le 21 et 22 août 2004 dans Le Devoir Source: Coalition Québec Vert Kyoto http://quebec-vert-kyoto.org
par jeromet
le 2004-10-07 11:40:57
Permalien
| | Energie
Mardi 05 octobre 2004
Hydro-Québec pourrait devenir producteur d'éolien yp
Le Québec, leader de l'éolien
La Gaspésie profitera d'un projet de 1000 MW évalué à 1,9 milliard
Louis-Gilles Francoeur
Québec passe en tête de la filière éolienne au Canada avec le programme de 1000 MW dévoilé hier, qui sera réalisé d'ici à 2012 en Gaspésie avec les huit parcs de Cartier Wind Energy et de Northland Power. Ce programme, issu du plus important appel d'offres en éolien jamais lancé dans le monde, triplera en fait la production canadienne de 430 MW d'ici à huit ans.
Les éoliennes du programme gaspésien annoncé hier produiront de l’électricité à un coût moindre que la centrale thermique du Suroît projetée par Hydro-Québec.
Et un autre appel d'offres de 1000 MW devrait être lancé d'ici à quelques mois, affirmait hier soir au Devoir le ministre des Ressources naturelles, de la Faune et des Parcs, Sam Hamad, qui voyait dans ce programme «le plus important investissement jamais fait en Gaspésie».
Présentement, c'est l'Alberta qui domine l'éolien avec une production de 230 MW, suivie du Québec avec 100 MW installés dans la région de Matane et le parc de 100 MW en construction à Murdochville. L'Alberta pourrait talonner le Québec de près, car elle vise 3,5 % d'énergie renouvelable d'ici à 2008, ce qui devrait déboucher sur des projets éoliens importants. L'Ontario ne sera pas en reste, précisait hier le président de l'Association canadienne, Robert Hornung, car il veut répondre à 10 % de ses besoins d'ici à 2010 avec des énergies vertes, ce qui pourrait déboucher sur une production éolienne de 1400 MW dont une grande partie en «off shore» dans les Grands Lacs.
«Mais, ajoutait M. Hornung, le Québec se positionne d'ores et déjà comme le leader en éolien au Canada avec cette annonce ferme. Et l'avance qu'il prend dans le dossier, dans la gestion et par les installations d'assemblage, lui assure de demeurer le leader au Canada dans ce domaine s'il donne rapidement suite à son projet d'enclencher rapidement un autre appel d'offres de 1000 MW.»
Le programme annoncé hier assurera des retombées d'un milliard en Gaspésie et dans la MRC de Matane, selon le premier ministre Jean Charest, sur les 1,9 milliard d'investissements qu'il générera. Les autres régions du Québec toucheront 300 millions sur ces investissements. Quelque 360 emplois permanents seront ainsi créés localement et quelques centaines pour la construction et l'entretien du réseau électrique régional. Deux usines sont prévues, une à Gaspé et l'autre à Matane.
Chez Hydro-Québec, le président-directeur général, André Caillé, précisait que ces 1000 MW consolidaient la position de «leader en matière d'achats» d'énergie éolienne, gardant explicitement la porte fermée à l'idée que la société d'État pourrait s'impliquer directement dans cette filière d'avenir.
Le programme de construction annoncé hier avait été initialement autorisé par le gouvernement Landry. Dans son rapport sur le Suroît, la Régie de l'énergie invitait Québec à lancer quelque 3000 MW de production éolienne. Les producteurs privés ont soumis pour leur part des projets d'une capacité globale de 4000 MW dans le cadre de l'appel d'offres sanctionné hier.
Le dévoilement des gagnants a réservé plusieurs surprises de taille.
D'abord, le prix de 6,5 cents du kWh bat par un cent du kWh pour la première fois le coût marginal d'Hydro-Québec dans son dernier projet, le Suroît, qu'on évaluait durant les audiences autour de 7,5 cents du kWh. Et personne ne voyait venir, sauf les écologistes, la flambée en cours des combustibles fossiles.
La société d'État précisait dans son communiqué hier que les nouveaux parcs éoliens de la péninsule exigeraient une modernisation du réseau de transports, un investissement de 430 millions, «ce qui est l'équivalent de 1,3 cent du kWh». La société d'État n'a pas précisé si elle entendait facturer ce montant aux producteurs tout comme le service «d'équilibrage» ou de stockage de l'énergie éolienne, au prix de 0,9 cent du kWh. Ce dernier prix est 50 % plus élevé que le sommet de la grille tarifaire de Bonneville Power aux États-Unis pour le même service.
Les 1000 MW de la Gaspésie et de Matane produiront sensiblement plus d'énergie qu'Hydro-Québec ne le prévoyait : le volume total de livraisons atteindra 3,2 TWh, soit 1 TWh de plus que prévu. La productivité des huit parcs correspond à un facteur d'utilisation moyen de 36,6 %, soit près du double de ce qu'Hydro-Québec jugeait possible durant les audiences du Suroît.
Les nacelles et les installations d'assemblage seront construites dans la MRC de Matane et de la Gaspésie. Les contrats fixent à 40 % le contenu régional du premier bloc d'énergie livré en décembre 2006, à 50 % pour les livraisons prévues au 1er décembre 2007 et à 60 % pour celles entre 2008 et 2012.
Des neuf producteurs associés aux trois plus importants turbiniers internationaux en lice dans l'appel d'offres dévoilé le 16 juin dernier, Hydro-Québec n'en a retenu que deux. Et les deux vont installer des éoliennes de 1,5 MW pièce produites par General Electric Wind Energy, soit la filiale cousine de celle qui doit construire le projet vacillant du Suroît.
Pour la porte-parole de l'opposition péquiste, Mme Rita Dionne-Marsolais, ce feu vert irréversible aux 1000 MW d'éolien est une «très bonne nouvelle», qui montre comment l'État peut intervenir de façon responsable dans le développement économique en régions. Mme Dionne-Marsolais, qui a été la marraine de ce projet au Conseil des ministres il y a quelques années, estime que ce résultat salué de toutes parts «démontre qu'Hydro-Québec a avantage à relever le défi» de l'éolien en passant du rôle passif d'acheteur à celui de producteur malgré ses réticences folkloriques.
Du côté de Greenpeace, Steven Guilbeault se disait ravi de voir Québec passer à l'action, mais souhaitait qu'il annonce rapidement le lancement de la deuxième tranche de 1000 MW évoquée par le ministre Corbeil. Reprochant à Hydro-Québec de multiplier les embûches sur les pas des producteurs, Steven Guilbeault estimait que la rénovation du réseau de transport de la péninsule et le coût de l'équilibrage devraient constituer la part financière tangible de Québec au développement de la filière, une part en quelque sorte comparable au 1 cent du kWh qu'accordait Ottawa aux projets éoliens récents.
Robert Hornung souhaitait pour sa part que le discours du Trône d'aujourd'hui annonce la prolongation du programme fédéral d'Encouragement à la production d'énergie éolienne (EPEE) tout en faisant disparaître les quotas par province, par producteur et par projet afin de stimuler le marché au maximum. Ce qui profiterait d'abord au Québec.
Pour Philippe Bourque, du Regroupement national des conseils régionaux de l'environnement (RNCRE), il est étonnant de voir que l'éolien remporte aujourd'hui la bataille des prix sur les derniers projets d'Hydro-Québec, d'autant plus que ces prix sont gonflés par les exigences de réinvestissement local imposées aux producteurs, des conditions dont la disparition réduira davantage les prix.
http://www.ledevoir.com/2004/10/05/65458.html ------------------------------
Hydro-Québec pourrait devenir producteur d'éolien, selon Hamad Louis-Gilles Francoeur
Hydro-Québec pourrait être invitée à devenir producteur d'énergie éolienne avec ses propres parcs, dont la construction serait réalisée avec le secteur privé comme dans le cas des grands barrages. http://www.ledevoir.com/2004/10/05/65459.html
par jeromet
le 2004-10-05 14:28:23
Permalien
| | Energie
Jeudi 30 septembre 2004
Gaspé-À 5,6 cents, l'énergie éolienne est moins chère que les autres yp
L'éolien, à pas de géant Charles Côté
Le printemps dernier, en plein débat sur le Suroît, le propriétaire du parc d'éoliennes de Cap-Chat a jeté un pavé dans la mare des énergies vertes en dévoilant que ses machines l'avaient déçu: elles tournaient à moins de 20% de leur capacité théorique.
Mais il ne faut pas désespérer, nous apprend le quatrième volet de notre série sur l'énergie: une nouvelle génération d'éoliennes vient de débarquer au Québec, et elles sont deux fois plus efficaces.
Dossier
L'avenir énergétique de la planète
«Meunier, tu dors, ton moulin va trop vite», dit la chanson. Aujourd'hui, l'ordinateur a remplacé le meunier, et le moulin ne va jamais trop vite. Mais il va très fort.
Debout à la base d'une tour haute comme un édifice de 25 étages, Robert Vincent, président de 3Ci, admire le fruit de quatre années de démarches et de travail. En haut de la tour, au bout d'une nacelle de la grosseur d'un autobus, une hélice plus grande qu'un Boeing 747 tourne à 18 tours par minute. Chaque seconde, une des immenses pales passe au-dessus de nos têtes en émettant un bruissement: «ffffRRRRrrr.... ffffRRRRrrr...»
En ce moment, avec la petite brise qui souffle, l'éolienne de 1,8 mégawatt (MW) de puissance fournit 400 kilowatts d'électricité, assez pour alimenter 130 maisons (c'est ce que nous apprend la console électronique installée à l'intérieur de la base du mât). Mais en moyenne, depuis qu'elle est installée en février, cette même éolienne a fourni deux fois plus de courant.
«Jusqu'à maintenant, les résultats sont concluants, même si on a de petits bogues, explique M. Vincent. On pense que notre modèle se vérifie. Si on s'était gourés, on l'aurait su.»
L'entrepreneur de 46 ans a fait avec ses partenaires financiers un pari de 200 millions sur le vent qui souffle sur les montagnes entourant Murdochville. La clef de son succès: produire à un coût suffisamment bas et fournir un courant que son client, Hydro-Québec, pourra utiliser à profit.
En effet, Hydro-Québec surveille de très près le lancement de ce nouveau parc. Les données recueillies ici vont permettre à la société d'État de se préparer à accueillir les 1000 ou 2000 mégawatts d'énergie éolienne qui seront déployés en Gaspésie au cours des prochaines années.
Le principal défi est d'absorber dans le réseau une énergie imprévisible et intermittente, signale Daniel Garand, vice-président, marchés de gros et projets de développement à Hydro-Québec Production. «On a un réseau qui va de la baie James et de Churchill Falls jusque dans le sud du Québec, dit-il. Ce réseau doit toujours être en équilibre. On espère qu'avec la nouvelle technologie, l'énergie éolienne va être un peu moins variable, plus prévisible.»
Les éoliennes de Murdochville bénéficient d'un avantage technologique: elles sont équipées d'instruments de mesure du vent et d'un ordinateur qui ajuste instantanément la puissance déployée et l'angle des pales. En fait, ce sont de véritables robots à capter le vent.
Ces perfectionnements, s'ils font leurs preuves, sont de nature à plaire à Hydro-Québec. M. Garand a déjà pu s'en rendre compte. «Les éoliennes ont une réaction très rapide aux changements du vent, dit-il. J'ai vu les profils de production et elles ont une variabilité moins grande. Est-ce que ça va être le cas à long terme? On verra.»
Donc, du point de vue technique, les nouvelles éoliennes comme celles de Murdochville peuvent jouer un rôle croissant dans le portrait énergétique du Québec. «Le développement éolien s'ajoute au reste», résume M. Garand.
Moins cher que le gaz
Du point de vue économique, cette énergie est-elle rentable?
Disons qu'au départ, les infrastructures coûtent cher. À Murdochville, chaque machine fabriquée par la société danoise Vestas coûte 2,25 millions de dollars. En plus, pour les 30 éoliennes du mont Copper, il a fallu couler des bases en béton, installer des lignes électriques ultra-résistantes, bâtir un poste de transformation et des chemins d'accès. Total: 27 millions. Il faudra investir la même somme pour la deuxième phase du projet, sur le mont Miller. «Ça demande beaucoup de capital, admet M. Vincent. Heureusement que le vent est gratuit!»
Une fois l'énergie produite, il faut encore l'intégrer au réseau de distribution, et là encore, il y a des coûts. Il est prévu qu'Hydro-Québec Production serve en quelque sorte d'intermédiaire entre les producteurs gaspésiens et le réseau de distribution d'Hydro-Québec. «On va recevoir les 1000 MW, on va absorber toute la variabilité et on va livrer ça dans un beau bloc constant et précis», dit M. Garand.
Ce service a un prix: 0,9 cent du kilowattheure, selon Hydro. Les producteurs veulent que ce soit moins. La Régie de l'énergie devra trancher.
Dans les documents ayant servi à son appel public à l'épargne, le promoteur du projet de Murdochville affirme deux choses capitales: son entreprise sera rentable en revendant son énergie à 5,6 cents du kilowattheure, et ses éoliennes tourneront à 41 % de leur capacité théorique.
Prenons le premier de ces chiffres. À 5,6 cents, l'énergie éolienne est moins chère que celle produite dans une centrale au gaz et que dans presque tous les projets de barrages qu'Hydro-Québec prévoit construire au cours des prochaines années. «Le prix est bon par rapport aux autres options», confirme M. Garand.
Cependant, précisons que ce prix comprend une subvention fédérale d'un cent du kilowattheure (3Ci en remet la moitié à Hydro-Québec). Il faut donc considérer que, si ce n'était de cette subvention, le prix de vente de l'électricité serait d'un demi-cent plus élevé, soit 6,1 cents.
Selon l'expert en énergie Philippe Dunsky, le coût de production éolienne au Québec, dans des sites en moyenne moins favorables que celui de Murdochville, est de 4,4 cents du kilowattheure. Cela laisse une certaine marge de profit.
Précisons toutefois que Murdochville était un site rêvé pour l'installation d'un parc d'éoliennes, comme l'explique M. Vincent. «Il y a bien sûr la qualité du vent, mais aussi les chemins forestiers existants, le réseau électrique laissé en place après la fermeture de la mine et de la fonderie, et toutes les infrastructures industrielles et commerciales sont à portée de main», dit-il. Sans parler du fait que le paysage ici est déjà passablement hypothéqué.
Le second chiffre - 41 % de la capacité théorique - est également intéressant. Il indique ce qu'on appelle dans le monde de l'énergie le facteur d'utilisation (F.U.). Pour le calculer, on compare l'énergie réellement produite avec l'énergie qui serait produite si la génératrice tournait toujours à pleine capacité.
En général, les turbines des barrages hydroélectriques ne tournent pas à pleine capacité. On les arrête si la demande diminue, si on veut conserver l'eau du réservoir ou encore pour en assurer l'entretien. Le F.U. moyen des centrales hydroélectriques au Québec est de 70 %. De leur côté, les centrales thermiques peuvent avoir un F.U. proche de 100 % si on les alimente en permanence en carburant.
Comme il dépend du vent, le facteur d'utilisation des éoliennes est moins élevé que celui des autres sources d'énergie. Mais celui des parcs d'éoliennes érigés à Cap-Chat et Matane par la compagnie Axor en 1996 a été en deçà des attentes. Dans les meilleures années, le facteur d'utilisation a été de 18 %, alors que les promoteurs s'attendaient à 25 %.
Des pales qui ondulent
Le projet de Murdochville est encore en période de rodage, avec cinq éoliennes. À terme, ses deux parcs en compteront 60. Jusqu'ici, M. Vincent est «très content» des résultats obtenus. «On se rapproche de 41 %», affirme-t-il.
L'ennemi des éoliennes au Québec, ce qui peut les paralyser et diminuer leur facteur d'utilisation, c'est la glace. «Avril et novembre nous font peur avec les épisodes de grésil ou de brume givrante, dit M. Vincent. Début mai, on a eu un épisode et les éoliennes ont arrêté entre quatre et six heures.»
Mais les éoliennes ne sont pas sans défense: les machines détectent la présence de glace, les pales s'ouvrent au vent et s'arrêtent. Comme elles sont flexibles, elles se mettent à onduler et la glace tombe.
Après quelques mois d'expérimentation, M. Vincent se dit convaincu de la fiabilité et de la rentabilité de son projet. «Le gros test est passé, dit-il. Aujourd'hui, l'énergie éolienne est compétitive.»
Cependant, il croit que les conditions imposées aux promoteurs qui participent à l'appel d'offres de 1000 MW d'Hydro-Québec Distribution vont faire grimper la note. Conditions auxquelles lui-même a échappé, parce qu'il a négocié son contrat de gré à gré avec Hydro-Québec Production. « Le problème avec l'appel d'offres, c'est qu'ils ont demandé des choses qui coûtent cher », signale-t-il.
D'abord, explique-t-il, il y a l'exigence de contenu local. Les gagnants de l'appel d'offres devront s'approvisionner à 60 % en Gaspésie, ce qui implique la construction d'une usine locale. Ensuite, on trouve des exigences de production minimale et maximale d'électricité. «L'avantage de mon contrat, dit M. Vincent, c'est qu'ils achètent tout ce que je produis, sans minimum ni maximum prédéterminés. C'est aberrant d'essayer d'imposer des conditions qui ne conviennent pas à l'éolien. Il faut vendre cette énergie à quelqu'un qui est capable de l'absorber avec son caractère intermittent.»
À quelques jours du dévoilement de l'appel d'offres, Marc-Brian Chamberland, porte-parole d'Hydro-Québec Distribution, doute que ces exigences aient un impact déterminant sur le prix de l'électricité. «C'est sûr qu'il y a une différence entre faire venir les tours de Corée et les fabriquer sur place, dit-il. Mais ce n'est pas sûr que l'impact sera majeur. On verra quand les prix sortiront.»
http://www.cyberpresse.ca/actualites/article/1,63,0,092004,802360.shtml
par jeromet
le 2004-09-30 18:55:46
Permalien
| | Energie
Articles 1 à 10 sur 15
Pages: 1 | 2 |
|